​Balance ton père ? (15 juin 2018)

À quoi sert un père ? Le quotidien La Croix publie, ce matin, un sondage à contre-courant, réalisé par l’IFOP pour Alliance VITA auprès d’un échantillon exceptionnel de 2000 personnes. « Dans quelques jours, nous allons célébrer la fête des pères » rappelle le questionnaire ; « Diriez-vous que les pères ont un rôle essentiel à jouer pour les enfants ? » Eh bien, 93% des Français répondent oui. Pour la quasi-totalité de nos concitoyens, le père est essentiel.

73% des sondés estiment ensuite que les rôles du père et de la mère sont « différents et complémentaires », contre 27% qui les disent « identiques et interchangeables ». Le dogme de l’indifférenciation père-mère est largement rejeté. Cela se confirme quand on pointe les conséquences de l’absence de père : pour 89% des Français, c’est « quelque chose qui marque toute la vie » et pour 85% cette absence « peut entraîner chez l’enfant des difficultés personnelles ».

La place spécifique des pères est donc plébiscitée. Vient alors la question sur un point sensible en débat : l’accès à la PMA avec donneur de sperme, pour les femmes seules ou vivant à deux. Pour 61% des français « Il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médical d’infertilité ». 39% soutiennent l’affirmation contraire : « Il faut privilégier le désir d’enfant en permettant la PMA sans père pour les femmes seules ou les couples de femmes. »

Sur ce sujet, les sondages se suivent et se contredisent. Explication : des sondés inversent leurs réponses selon qu’on évoque un « nouveau droit des femmes », ou qu’on adopte le point de vue de l’enfant. Vu de son côté, une PMA qui le prive de père est largement reconnue comme injuste.

Fait notable, ce soutien à la paternité se renforce quand on regarde les réponses des seuls hommes, et c’est encore plus net pour ceux qui sont déjà pères. Le taux de 61% des Français des deux sexes qui privilégient le besoin de père chez les enfants nés de PMA passe à 68% chez l’ensemble des hommes, et monte à 72% pour ceux qui sont déjà pères… Même observation pour une question sur les conséquences douloureuses du don de sperme lors d’une PMA sans père.

Ce sondage plaide pour réhabiliter la sagesse paternelle. Il montre que l’expérience de la paternité incite à la défendre. La plupart des femmes ne le contesteront pas. Quant à moi, homme qu’une femme et des enfants ont fait père, je dis que la paternité mérite d’être fêtée, dignement.

​Balance ton père ? (15 juin 2018)
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