​Plus de nature, pour la vérité (26 octobre 2018)

​Plus de nature, pour la vérité

Risquez-vous comme moi d’attraper le tournis face au déluge des informations négatives ? Selon la formule « l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse », l’idée d’un état de crise permanent risque de ruiner notre paix intérieure et d’anesthésier toute capacité d’action. Nous avons trop de bonnes raisons de nous impliquer sur les sujets graves : crise migratoire, des cités et des EHPAD, crise dans l’Église, les partis politiques, l’Europe, crise financière, industrielle, sociétale. Mais pour avoir la force de réagir, chacun selon ses compétences, son pouvoir, son énergie, il faut d’abord se ressourcer, se calmer, réfléchir sans s’affoler. Je rencontre beaucoup d’âmes de bonne volonté qui dénigrent en bloc leur époque.

Beaucoup s’inquiètent comme moi de la « liquéfaction » de la société, dont les repères essentiels semblent se dissoudre, avec l’aide des pouvoirs publics. Comme il est douloureux de réaliser que nos leaders ont perdu pied avec la réalité, qu’ils ne sont pas construits personnellement, qu’ils n’ont pas d’armature anthropologique, qu’on ne peut pas compter sur eux ! J’avoue que, quand j’entends, à propos de bioéthique, de la bouche même de certains élus, des justifications insensées aux abus qu’ils préconisent, et que je réalise à quel point ils nient les injustices qu’elles induisent pour les plus fragiles, je suis effaré. Et c’est pour cela que je propose de nous ressaisir. En nous suggérant de profiter de l’automne et des premiers froids pour nous rapprocher de la nature. Elle saura nous rendre paisibles et ressourcés. Une magnifique phrase d’Augustin d’Hippone nous responsabilise pour prendre notre époque à bras le corps : « Ne dites pas les temps sont mauvais, vous êtes les temps. Soyez bons et les temps seront bons. » Or, pour être bons, soyons vrais, et pour être vrais – j’y reviens – régénérons notre élan vital dans la nature.

Je suis persuadé que la crise sociétale est globalement écologique. C’est celle de la postmodernité. On jette dans un même sac tout ce qui est réel : la biologie, le corps, le temps, et toutes les lois de la nature… Les nier, qu’elles soient humaines ou non-humaines relève d’une même logique de toute puissance, de démesure, qui voit dans toute limite une aliénation. Or, la nature ne se laisse pas tromper. Quoi de mieux qu’une bonne journée de jardinage, de cueillette ou de randonnée pour nous remettre les idées en place et nettoyer la pollution mentale qui nous empêche de réfléchir ? Demain comme hier, la vérité germera de la terre.

​Plus de nature, pour la vérité (26 octobre 2018)
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