Ceci n’est pas un édito (6 juillet 2018)

En matière d’Humanité, le déni du réel est à la mode. Et il nous fait violence, à tous. Avez-vous vu le journaliste Daniel Schneidermann, d’Arrêt sur Image, confronté aux dénégations d’un invité barbu, soudain indigné qu’on l’ait classé parmi les hommes d’abord, et ensuite parmi les blancs ? La séquence a fait le tour du monde francophone. Elle vaut le détour. À l’intervieweur stupéfait, le barbu lance : « Non, non ! je ne sais pas ce qui vous fait dire que je suis un homme, mais je ne suis pas un homme. » Plongeon en plein Orwell à l’ère de la post-vérité.

L’homme – car c’en est un, ne lui en déplaise – se définit comme « non-binaire, ni masculin, ni féminin ». Dans le même illogisme, il récusera aussi la couleur de sa peau d’un ton moralisateur : « Ben non, je suis à moitié Libanais ; c’est intéressant qu’on interroge tous nos propres stéréotypes (…) parce que, sans même m’avoir posé la question, vous estimez que je suis un homme ; seulement par mon apparence, vous estimez que je suis blanc… »

Quel est le but de cette comédie qui l’a conduit à être la risée d’Internet ? On le présente pourtant comme un responsable de l’Inter-LGBT… Je suspecte de l’agit-prop. Vous savez : secouez, secouez fort, vous choquez d’abord, mais l’on s’habituera doucement à vos outrances, jusqu’à s’y soumettre !

Ce qui m’a d’ailleurs le plus stupéfait, c’est la façon dont le journaliste est entré dans ce jeu en s’excusant de l’avoir heurté. C’eut été une femme à barbe, ou un métis, on aurait pu crier à l’indélicatesse. Mais là, c’était juste un homme blanc, récusant délibérément la réalité de sa nature, sur laquelle les sens du journaliste l’avaient fidèlement renseigné. Or, tout mensonge nous heurte : il blesse en nous cette loi naturelle qui a inscrit dans notre humanité l’attrait de la vérité.

Il suffit de montrer la séquence à un enfant pour le confirmer. L’altérité sexuelle est un précieux bien commun de l’Humanité auquel nous devons tous la vie, et que les déconstruteurs s’acharnent à dissoudre, en forçant la confusion des genres. Voilà donc qu’on nous présente la nouvelle Miss Espagne comme première candidate transgenre à l’élection de Miss Univers. Voilà que le magazine Marie-Claire titre : « Papa est enceinte : la maternité transgenre ». Pendant ce temps, le philosophe Luc Ferry se fend d’une docte tribune dans le Figaro qui prétend démontrer qu’il n’y a ni nature humaine, ni loi naturelle.

Face à toutes ces leçons d’inhumanité, je prône le retour à la raison humaine ancrée dans le corps. Lui ne ment pas.

One thought on “Ceci n’est pas un édito (6 juillet 2018)

  1. Réal Lauzon
    14 juillet 2018 at 2 h 02 min

    Tout simplement MERCI!! Votre analyse intelligente est également consolante.

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