Faut-il autoriser l’euthanasie ? Débat avec François de Closets

Wendy2Le débat d’Europe Midi : Faut-il autoriser l’euthanasie ? (émission du 28 novembre 2013)

– François De Closets, Journaliste et essayiste, membre du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)
– Tugdual Derville, Délégué général de l’association Alliance Vita.

Extraits des interventions de Tugdual Derville  : “La prévention du suicide est une grande cause essentielle, nationale, surtout pour les personnes âgées qui sont fragilisées par la peur de la dépendance, la mort… Si on commence à laisser entendre que des personnes sont de trop, c’est une porte ouverte à l’exclusion des plus vulnérables (…). On laisse croire que l’euthanasie serait la solution pour éviter les grandes souffrances ou l’agonie, mais non, les soins palliatifs, les soins anti-douleur, l’accompagnement psychique, social, spirituel, permet d’éteindre l’essentiel de ces demandes d’euthanasie. Si on commence à donner la mort, on vole des instants qui peuvent être précieux (…). La tentation de maîtriser la mort, c’est une grande violence (…). La mort a un impact social considérable ; on ne meurt pas seul. Nous sommes tous frappés par le suicide de proches (…). L’idée de maîtriser la mort est un piège pour notre humanité ; nul ne peut pronostiquer le jour de la mort de quelqu’un (…). Toute personne est toujours digne ; c’est ce qui nous différencie des animaux.”

One thought on “Faut-il autoriser l’euthanasie ? Débat avec François de Closets

  1. SCHLITTER Simone
    11 août 2020 at 15 h 35 min

    EMISSION TELE

    Evelyne, ma fille, vient de me téléphoner depuis Paris :

    « Maman, il y a une émission sur l’euthanasie, à la télé, je viens de le voir à l’instant. Tu prends la 23, mais c’est tout de suite. »

    J’ouvris le poste. Je n’étais branchée sur la longueur d’onde d’aucune des personnes participantes — toutes visiblement de bonne foi — et pas branchée non plus sur celle de l’animateur des débats :

    « Le suicide assisté devrait être autorisé »…

    Pourquoi pas… en Suisse , c’est un lobby lucratif, semble-t-il.

    Il n’y a aucune raison pour que le libre choix d’un individu de choisir la mort ne soit pas autorisé ».

    Là encore, je ne pense pas le contraire.

    Là où mes aspirations divergent de celles qui se revendiquent dans ce débat : Tout semble simple à tout le monde, alors que rien n’est simple.

    Déjà, on y parle « d’euthanasie », d’une part, et de « soins palliatifs », d’autre part. La réelle désignation de ces deux pratiques semble totalement méconnue, puisqu’une analyse neutre ne distingue pour l’essentiel, à propos d’euthanasie, que :

    – L’euthanasie active : administration d’un produit létal (qui va donc donner la mort dans les minutes qui suivent)

    et

    – L’euthanasie passive, pieusement dénommée chez nous « soins palliatifs ». Pourquoi cet apparent changement de paradigme ? Ne serait-ce pas parce que les médecins, éduqués (à juste titre) dans la religion de sauver des vies, et point de les supprimer, souhaitent ardemment revendiquer ce noble rôle jusqu’au bout de leur non-action pour la conserver ?

    La vraie question, à mes yeux, est celle-ci : tout se passe comme si l’acteur principal, le malade, était forcément le premier demandeur de l’acte d’euthanasie (active), ou de soins palliatifs ( euthanasie passive). Comme si cela était évident qu’une personne malade se chassant condamnée souhaite forcément mourir, d’une façon ou d’une autre. Le débat occultant totalement le cas d’innombrables personnes en perte d’autonomie liée au grand-âge, sur une pente glissante vers la fin de vie, à qui on demande d’exprimer un avis libre de toute pression et éclairé qu’ils ne sont plus capables d’avoir

    Personne ne se pose la question d’une multitude de personnes âgées plus ou moins abandonnées affectivement, pour qui on décide, plus ou moins, à leur place, tout en déterminant que ce sont elles qui l’ont décidé. De personnes qui subissent leur sort de toute façon. Et pour qui on décide qu’elles ont décidé de « se libérer ». Au besoin fortement stimulées en ceci par l’entourage,, lequel, le plus souvent, pense bien faire.

    Le grand risque d’abus de pouvoir, il est là. Et il est fréquent, présent, journellement des milliers de fois, présence, dans les hôpitaux, de gens âgés, à demi conscients, somnolents, sur qui il est bien tentant de ne pas s’acharner thérapeutiquement.

    Le risque est que la société se régule si bien, à force de s’épanouir dans tous les azimuts, et, selon certains dire, bientôt sur la lune et sur la planète Mars, que la régulation devienne automatique, par devant et par derrière : régulation des naissances, l’on y est en plein — ET régulation des décès, on y arrive. Qui a lu SOLEIL VERT ? Dont d’ailleurs s’inspira un film de Science-Fiction : les gens errants dans les rues étaient ramassés en camion, et emmenés dans un endroit mystérieux. Du même endroit ressortaient des pilules vertes dont les humains se nourrissaient par ailleurs.

    J’en reviens à l’écran et aux Grandes Gueules :

    À l’appui du suicide assisté, ou de l’euthanasie active, des cas particuliers, certes tout à fait dignes de compassion.

    Certes, mieux vaut mourir vite et bien — je le répète. Mais mieux vaut encore rester en vie, quand on le peut… Et moi je plaide pour la dernière formule. Car le danger d’en faire passer en grand nombre de l’autre côté du chemin augmente dans le même ordre que la croissance exponentielle des humains sur cette terre.

    À la fin de l’émission, un plaidoyer du journaliste et essayiste François de Closet. Qui affirme catégoriquement que les soins palliatifs engendrent une agonie douloureuse (je ne pense pas déformer ses propos, faute de quoi je m’en excuserais humblement). Cette façon de penser correspond tout à fait à la mienne : « Oui, les gens « bénéficiant » des soins palliatifs vivent une agonie étalée dans le temps, et, à défaut de prétendre qu’elle est dans tous les cas douloureuse », à mes yeux, elle est au mieux indolore, et probablement très douloureuse, bien que totalement silencieuse !

    En ceci, j’ai apprécié l’intervention de François de Closet.

    Quant à prétendre, comme lui, que cela fait le bonheur de puissants lobbies du monde religieux et médical, et que pour cette raison une loi modifiant la loi Claeys-Leonetti actuelle n’est pas prête de voir le jour, mes facultés d’analyse me paraissent un peu réduites pour être à mon tour péremptoire à ce propos. Il semble clair que le monde médical tient à une certaine aura… quand à la puissance religieuse, certes, dans certains pays, elle est appuyée par le peuple au point d’interdire toute forme d’euthanasie, y compris celle, passive, appelée ici « soins palliatifs ». Toutefois, dans nos pays, la religion catholique a énormément perdu de sa puissance. Reste les autres religions, ne disant pas forcément leur nomsur laz puissance d’action desquelles je ne suis pas apte de juger, ce qui ne signifie nullement qu’elle n’existe pas !

    Par ailleurs :

    François de Closets a fait paraître une violente diatribe contre le monde des seniors qui auraient sacrifié la jeunesse dans le cadre du Covid 19. Lequel, vraiment, » a bon dos » ! Certes, la destruction de notre planète est en premier lieu l’affaire de seniors, puisqu’elle a commencé bien avant que ne naisse notre jeunesse actuelle ! Mais Mr de Closet fait erreur, volontaire ou non, sur la catégorie : C’est la classe des tous riches, détenant les rênes, qui a commencé à sacrifier la planète. Et souvent ceux qui détiennent les rênes sont des seniors — ce n’est pas à vingt ans que l’on est en aptitude de commander le monde, même quand on est riche du potentiel de ses parents…

    Par contre Mr de Closets, qui ne s’est pas beaucoup rendu en EHPAD, semble-t-il, ignore une masse considérable d’humains qui ont été élevés « à la dure », une partie de leur jeune vie sans eau courante, à la lampe à pétrole et sans machine à laver, rationnée sur les aliments, voyant leurs parents économiser sur tout, et parfois sous les bombes. Ensuite, trimant, eux-mêmes, du matin au soir, pour la majorité d’entre eux, à leur tour aux commandes, élevant souvent une ribambelle de petits êtres fragiles au mieux de leur bourse et de leur résistance physique. Heureux, petit à petit, des progrès de la société qui leur permettait de se nourrir plus abondamment (de ce fait, aussi, souvent trop bien… ), et de voir leurs enfants plus gâtés qu’eux-mêmes ne le furent ( peu ou pas d’argent de poche, et des cadeaux comptés, seulement à Noël). Génération qui connut le prix des petits bonheurs, et qui sut se contenter de peu, et aussi apprécier le simple prix d’être encore en vie. Car elle vécut dans sa jeunesse une guerre douloureuse, qui priva la majorité du peuple des facilités actuelles : pas d’incitation aux études, pas de voiture, pas de pilule, pas d’avortement, pas même de chauffage en tournant simplement un bouton, mais corvée de charbon avec un seau et une pelle, et « la femme qui travaille à l’extérieur » plutôt mal vue, alors qu’au foyer la femme, héroïque, entourée de « la smala », accomplissait un travail humble, énorme, non reconnu, du matin tôt, au soir, tard. Ce fut, en fait, mon propre cas. J’eus la chance d’avoir envie de dépasser ce stade et surtout celle de bénéficier d’un supermari…

    La plupart des « vieux » n’ont fait que subir, plus ou moins, leur dure vie. Leur faire un procès d’avoir sacrifié la jeunesse , en cloîtrant celle-ci entre quatre murs, afin de ne pas être eux-mêmes

    contaminés par le Covid, me paraît hautement farfelu !

    A moins que j’aie très mal interprété les paroles de Mr de Closet…

    Car telles que présentée-là, l’idée, effectivement, me sidère… Mes braves vieux, dans les EHPAD (et ailleurs…), sans visites, sans même le droit de se rendre au réfectoire pour les repas, servis dans leur chambre, accusés, en plus d’avoir tenu à l’écart leurs petits-enfants, leur rayon de soleil… je rêve !

    Les gens, au-dessus de soixante-ans, qu’ils aient résidé ou non en EHPAD, ou à leur propre domicile, ont été les premiers à souffrir d’une solitude imposée par les circonstances. Je dis bien LES PREMIERS. Car leurs petits-enfants disposaient de nombreux dérivatifs. Je ne veux pas croire que quiconque, parmi les jeunes, ait souffert vraiment de l’isolement imposé. Tout le monde sait que l’indispensable instrument de la jeunesse actuelle, moyen de contact encore plus prisé que Facebook, est leur portable. Que celui qui n’en possède pas lève le doigt !

    Parmi les seniors, j’entends aussi bien la 3e que la 4e génération : La 4e, celle en EHPAD en exemple. La 3e, les grands-parents, la plupart heureusement encore valides, rendant souvent de précieux services à leurs enfants, en dépannant régulièrement par une garde, les mercredis , et pendant les vacances. Ceux-là aussi furent concernés, et j’oserais dire que l’interdiction des visites, prises par le gouvernement, et que j’approuve d’ailleurs dans ce cas précis, leur permit d’exceptionnelles vacances… à leur corps défendant, car ils furent les premiers à en souffrir.

    Alors, Mr de Closet, si, peut-être, j’ai bien interprété vos paroles, je me fais ici l’avocat « des anges », et non l’avocat du diable.

    Mais je ne vois pas pourquoi, non plus, dans « Les Grandes Gueules », n’interviendraient que les personnes « en dessous de 74 ans » (rappel au dépistage de certains cancers), et — ou — certains journalistes à la forte cote !

    Suivez mon regard (intérieur…) !

    – FIN —

    simone schlitter – présidente de SANTE-OK?

    http://www.sante-ok.fr/

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