La nomination de Vallaud-Belkacem « a de quoi réveiller » la Manif pour tous

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Article paru dans Famille Chrétienne, le 27/08/2014.
Par Antoine Pasquier.

En désignant Najat Vallaud-Belkacem à la tête de l’Éducation nationale, l’exécutif provoque l’ire des militants de la Manif pour tous. Interrogé par Famille Chrétienne, Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita et porte-parole du mouvement, s’interroge sur les raisons de ce choix : délibéré ou inconscient ?

« La formation de ce nouveau gouvernement répond à une logique interne liée à la crise actuelle de la majorité présidentielle. Pour aboutir à cette nouvelle équipe gouvernementale, l’exécutif a dû prendre en compte un grand nombre de considérations.

La nomination de Najat Vallaud-Belkacem au poste de ministre de l’Éducation nationale provoque une sorte de dégât collatéral. Elle est le signe que le gouvernement se préoccupe de toutes sortes d’équilibres, mais qu’il prend le risque, dans un surcroît d’aveuglement, de provoquer notre mouvement social, peut-être sans même s’en rendre compte. C’est une constance de la part des différentes têtes de l’exécutif, et des promoteurs de la loi Taubira, depuis 2012 de piétiner notre mouvement sans ne jamais lui donner un seul signe de considération. L’arrivée de Najat Vallaud-Belkacem à ce ministère est juste un élément supplémentaire venant le confirmer.

Cette nomination le confirme d’autant plus que, au-delà de son image personnelle et de ses talents certains, Najat Vallaud-Belkacem est à nos yeux un archétype : elle a tenté à plusieurs reprises d’endoctriner les élèves – et ce, même devant les caméras de télévision – dans des écoles, et notamment dans des écoles primaires, allant jusqu’à leur demander d’influencer leurs parents, de les éduquer à une autre mentalité.

« Najat Vallaud-Belkacem était favorable à la GPA lorsque ce sujet était en débat au PS. »

Elle n’a jamais cessé de nier la légitimité du débat sur la question du mariage pour tous. Et je me rappelle aussi qu’elle était favorable à la GPA lorsque ce sujet bioéthique était en débat au PS.

Nous restons donc en éveil absolu pour ne pas la laisser mettre en œuvre son idéologie dans l’école et ailleurs. Dans la perspective de la manifestation du 5 octobre, cette nomination a déjà de quoi réveiller, s’ils étaient endormis, ceux qui sont mobilisés à nos côtés depuis 2013.

Cette nomination pose d’autres questions. Depuis le signe d’apaisement donné par Manuel Valls, alors encore ministre de l’Intérieur, au lendemain de la manifestation du 2 février 2014, le gouvernement craignait de voir se prolonger notre mouvement social. Avec ce remaniement, on peut légitimement s’interroger : tenterait-il aujourd’hui de nous utiliser, en tant que mouvement très conscientisé et mobilisé, pour détourner l’attention des Français, tout en sapant notre image ? Pense-t-il qu’il serait inconvenant, en temps de crise économique, de se mobiliser sur un sujet de société ?

Or, c’est tout l’inverse. Le fondement même d’une vie politique respectueuse des citoyens les plus fragiles commence par le respect de la famille, lieu par excellence d’amortissement des crises. Il existe une articulation majeure entre le souci de protéger l’enfant pour qu’il soit doté des repères fondamentaux précieux pour son épanouissement et la légitime préoccupation des Français pour l’emploi et le pouvoir d’achat.

« La Manif pour tous va poursuivre dans sa logique protestataire, paisiblement. »

Je regrette donc que le pouvoir politique persiste dans son aveuglement sur la vitalité de notre mouvement. Mais peu importe : le réveil des consciences est acquis. Sans céder aux tentations d’exagération, la Manif pour tous va poursuivre dans sa logique protestataire, paisiblement. Et, dans le même temps, le mouvement est entré dans une dynamique propositionnelle et creuse un sillon nouveau. Il aboutira, le moment venu, à une alternative culturelle. Je pense spécialement à l’écologie humaine. Ce courant est ancré dans une anthropologie solide qui conteste clairement l’indifférenciation entre l’homme et la femme, et toute notion de “loi du plus fort”.

Je remarque à ce titre qu’il y a quelque chose de stupéfiant et de paradoxal à encenser la parité au sommet de l’État à l’occasion de ce remaniement, à louer la nomination d’une femme à la tête de l’Éducation nationale – ce dont je me réjouis, car les femmes possèdent cette composante éducatrice d’une manière très privilégiée –, et en même temps nier et effacer cette parité au sein du couple de parents. »

 

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