1, 2, 3 parents (15 février 2019)

Il faut que je vous fasse un aveu. Je n’aime pas les formulaires. Et encore moins depuis qu’ils sont en ligne.

Depuis des mois, le site administratif d’obtention d’une carte grise pour la voiture numéro 2 de notre famille, acquise d’occasion en novembre, nous balade. Tous les prétextes semblent bons pour nous retoquer, nous renvoyer à la case départ. L’air de rien, s’approche la date où sera exigée un nouveau et coûteux contrôle technique du vieux véhicule.

En 2019, l’obtention d’une carte grise dans des délais corrects exige d’être un homo sapiens augmenté. Au téléphone, un fonctionnaire serviable nous a avoué  qu’il comprenait mal la procédure qu’il est censé expliquer. Kafka n’est pas loin. Et nous ne sommes pas seuls. Des millions de Français peinent devant ces formulaires en ligne inhumains.

Faute de matière grise pour obtenir notre carte, nous hésitions ma femme et moi entre phobie administrative et rébellion, en mode Gilets jaunes… Puis j’ai retrouvé le sketch génial des Inconnus sur les langages hermétiques. On s’y croirait ! Rire aide à survivre. On se console de ses malheurs par ceux des autres…

Or, voilà que l’Assemblée nationale ose en rajouter. L’amendement kafkaïen qu’elle vient de voter touche à l’intime. L’Éducation nationale se voit imposer un dogme LGBT à propos des parents d’élèves : « Chaque formulaire administratif qui leur est destiné fait mention d’un parent 1 et d’un parent 2. » C’est l’effacement des mots père et mère qu’on nous avait juré ne jamais nous infliger à l’époque du mariage homosexuel. Le militant Jean-Luc Romero a vite effacé son tweet de 2013 sur ce sujet : « Qu’on cesse de dire que père et mère seront remplacés par parent 1 et parent 2, c’est totalement faux ». Eh bien on y est ! Mais qui me dira si je suis parent 1 ou 2 ? Va-t-on nous hiérarchiser pour mieux nous neutraliser ? Et pourquoi pas parents 3 ou plus au fil des recompositions ?

C’est un arriéré qui le demande. Car pour défendu l’amendement Jennifer de Temmerman, députée La République en Marche, a fustigé « des modèles sociaux et familiaux un peu dépassés » (…) « des schémas de pensée un peu arriérés. » avant de tweeter « victoire LGBTQI ! »

Ma légère arriération, c’est l’attachement à deux mots magnifiques qui, dans l’intérêt des enfants, honorent la parité homme-femme dans l’engendrement.

Alors, parent 1 ou parent 2 ? Ni une, ni deux, je plaide pour la désobéissance civile ! Et voyons si, au motif qu’ils sont « dépassés », l’on imposera aux parents récalcitrants de passer au contrôle technique.

1, 2, 3 parents (15 février 2019)
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