L’alibi scientifique (19 octobre 2018)


En éclatant dans les milieux universitaires américains, une bombe m’a éclairé – et pour tout dire rassuré sur mon état mental. Lors de mes confrontations médiatiques avec des expertes des questions de genre, je me heurte à un mur d’incompréhension. Traité en méchant mâle, à rééduquer voire exclure, je m’accroche. Après chaque débat, dont les postures sont un peu convenues, je tente d’en savoir plus, en profitant des échanges interpersonnels hors antenne… Or, mes interlocutrices s’y montrent encore plus radicales qu’au cours de l’émission. L’une d’elle, responsable des études de genre à Sciences po Paris, n’avait cessé de fustiger la domination masculine. J’ai tenté de lui faire admettre, fort de mon travail d’écoute des couples, que, dans certains cas, c’est la femme qui exerce sa domination. « Impossible », m’a-t-elle rétorqué, « c’est toujours l’homme le dominant ! »
Rebelote sur France culture avec Hélène Périvier. Économiste, elle coordonne le projet EGERA, qu’on peut traduire « Égalité réelle de genre dans la recherche et l’enseignement », financé par la Commission européenne. Comme je m’étonnais après le débat du systématisme de ses propos, elle m’a lancé : « Vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes un dominant ». Et hop ! Me voilà disqualifié par essence, en tant que mâle. Et ces temps-ci, dès que je conteste l’injustice d’une PMA qui escamote le père, on me balance des études censées prouver
scientifiquement l’innocuité du matriarcat absolu.

Mais je vous parlais d’une bombe. Elle vient d’éclater grâce à trois farceurs très sérieux. Trois universitaires qui ont voulu montrer l’absence de déontologie des revues américaines de sociologie, spécialisées dans la dénonciation des discriminations. Ils ont donc inventé des études, toutes aussi absurdes les unes que les autres, tant dans leurs sujets que dans leur méthodologie, et sont parvenus à en faire publier quatre, après validation par de prestigieux comités de lecture. L’une d’entre-elles prétend décrire la « culture du viol » chez « les chiens des parcs de Portland », concluant à l’urgence d’en protéger les chiennes. Derrière l’absurde jaillit une révélation : une bonne partie des études de sociologie relève de la fumisterie, parce qu’elles ne sont faites que pour asseoir les présupposés idéologiques de leurs auteurs. L’un des farceurs a conclu : « Une culture émerge dans laquelle seules certaines conclusions sont autorisées ».

Je saurai désormais quoi répondre quand on prétendra me prouver scientifiquement qu’une injustice est bienfaisante.

 

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