Peut-on se passer d’un père pour avoir des enfants ? (Sud Radio, 25 septembre 2018)

Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de Patrick Roger et Cécile de Ménibus sur Sud Radio le 25 septembre 2018, dans un débat avec Anne-Sophie Duperray (Mam’en Solo), Dominique Boran (AGPL) et Viencent Bras (PMAnonymes).
Il réagissait aux conséquences de l’avis rendu le même jour par le CCNE sur l’évolution de la loi de bioéthique, et notamment l’accès à la PMA pour les femmes seules ou les couples de femmes.

 

Quelques verbatim :

« Le Comité d’éthique confirme l’absurdité de sa position. Nous ne sommes pas surpris, mais nous demandons de lire attentivement tous les inconvénients de cette proposition. »

« Au moment même où on découvre -ou on redécouvre- l’importance du père ou la façon dont les enfants cherchent leur père, on va créer, de toutes pièces, des familles monoparentales ! »

« On vient de découvrir qu’un Français a cherché son père pendant 50 ans et l’a retrouvé grâce à un test ADN. C’était un soldat américain. »

« Je ne peux pas nier la puissance du désir d’enfant, mais justement la loi est là pour limiter nos désirs les plus forts et garantir le respect du plus fragile. Quand j’entends qu’un papa devient « une graine », que ce n’est pas un papa mais un géniteur, il faut noter qu’on ampute l’enfant de toute référence paternelle, de sa généalogie. »

« À cause du désir très fort de quelques-uns, on va casser totalement le principe de la procréation. Nous sommes tous nés d’une parité homme-femme. On en est parfois privé par des deuils, par des séparations. »

« 40% des familles monoparentales vivent au-dessous du seuil de la pauvreté. On marche sur la tête : d’un côté, on dépense de l’énergie, de l’argent, de la générosité pour aider ces personnes ; de l’autre, on va dire aux femmes : maintenant le sperme c’est gratuit, c’est l’État qui paie ! En tant qu’homme, je ne me sens pas respecté si je suis réduit à des gamètes qui donneraient une paternité dont je me débarrasserais. »

«Qu’est-ce qu’on va raconter aux enfants ? L’enfant né de ces techniques aura-t-il le droit de les contester ? Il s’agit là d’une forme de maltraitance originelle. Quand on a amputé l’enfant de quelque chose d’essentiel, aura-t-il le droit de dire « cette technique n’est pas juste » ? »

« 93% des Français estiment que le père a un rôle essentiel à jouer pour l’enfant (sondage IFOP 2018). Les sondages montrent que les Français considèrent à 61%%  qu’un enfant né de PMA doit se voir garantir un père et une mère. Quand on leur parle de « nouveau droit », ils disent « oui », mais pas quand on leur explique que cela revient à priver l’enfant de père. »

« L’intérêt supérieur de l’enfant n’est pas respecté. On préfère respecter le désir très fort des adultes. » (…) « Il va y avoir une grande mobilisation. »

« Il n’y a que 5% des enfants nés de PMA aujourd’hui qui sont nés de donneurs. Ce projet constitue un vrai basculement : des procréateurs estiment que désormais il faudra faire des bébés en éprouvette, plutôt que sous la couette. »

Peut-on se passer d’un père pour avoir des enfants ? (Sud Radio, 25 septembre 2018)
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