2018, année bioéthique (12 janvier 2018)

« 2018, année bioéthique ? Ce pourrait être le refrain d’une chanson…

Car ce 18 janvier de nouveaux États généraux de la bioéthique sont lancés en France, en vue d’une énième révision de la loi bioéthique. On va débattre partout. On peut s’en réjouir. Pour ma part, je tique un peu….

Certes, je soutiens l’idée d’impliquer des « citoyens » (c’est-à-dire vous et moi) dans la régulation de la révolution biomédicale, qui touche à des sujets cruciaux : procréation, génie génétique, médecine prédictive… Je sais qu’il est dangereux de laisser les experts tout décider dans leur domaine. L’expert est trop souvent juge et partie, soumis à des conflits d’intérêt. Pour un scientifique, il est difficile voire héroïque de SE poser des limites quand il sent que sa pratique risque de porter atteinte à l’humanité… Surtout quand d’autres ne se gênent pas, dans certains pays, pour faire n’importe quoi !

Quand on pense qu’aux États-Unis, on vient de faire naître un bébé après 24 années de congélation de son embryon vivant ! La femme qui en a accouché n’avait qu’un an quand il a été conçu : on marche sur la tête…

Mais justement, en France aussi : les révisions successives de la loi bioéthique ne cessent de casser les digues qu’elle avait prétendu construire pour contenir les dérives. Comment ce qui était interdit hier, et reconnu injuste et absurde, peut-il soudain être décrété juste voire bienfaisant ? On parle ainsi, cette année, de proposer aux femmes vivant seules ou à deux de concevoir artificiellement des enfants, avec des donneurs anonymes de sperme. Ces enfants seraient délibérément privés pour toute leur vie de toute référence paternelle, de la moitié de leur histoire généalogique et biologique !

Cette prétendue «PMA pour toutes» est le principal couplet du débat bioéthique qui s’ouvre en 2018. À mes oreilles, une «bioéthique» qui ignore un repère d’écologie humaine aussi précieux que la parité père-mère dans l’engendrement, jusqu’à oser priver pour TOUJOURS certains bébés nés par PMA de la chance de connaître et d’aimer un père, c’est une chanson triste. Qui sonne faux.

Deux autres débats sonneraient si juste !
– Qu’on recherche VRAIMENT les raisons de l’infertilité qui croît beaucoup, peut-être à cause de certaines pollutions, pour la prévenir et la soigner…
– Qu’on travaille VRAIMENT à l’accueil de tout enfant porteur de handicap avec ses parents…

Bref, vivement que notre bioéthique soit fondée sur le roc : la protection des plus fragiles ! »

2018, année bioéthique (12 janvier 2018)
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