Révision générale (22 mai 2020)

J’ai entendu dire que des historiens sont déjà en quête de souvenirs du confinement pour en garder la trace. Mais chacun d’entre nous peut revisiter sans attendre la séquence exceptionnelle qu’il vient de vivre.

Pour beaucoup, elle a été un révélateur. Chacun a dû se réfugier. Mais où ? Et avec qui ? Raconte-moi ton refuge, je te dirai où tu en es.

D’abord le refuge est un lieu. Personne n’est « hors-sol » ; habiter vraiment quelque part, c’est s’enraciner. Mais le lieu choisi (ou subi), en principe notre domicile, était-il adapté ? Ayant gouté au télétravail tout en manquant de nature, bien de citadins caressent l’idée de s’installer au vert. Et beaucoup ont même réfléchi à une réorientation professionnelle.

Notre refuge, c’est aussi quelqu’un ou quelques-uns. Chacun a pu noter ceux qui comptent, dont il s’est senti responsable, même à distance. Nombre de jeunes adultes ont débarqué chez leurs parents, mais certains parents ont eu la surprise de voir leur grand-enfant se réfugier pendant deux mois avec quelqu’un – qui avait visiblement beaucoup d’importance pour lui.

Le confinement fut un révélateur d’amour – ou de désamour. On m’a parlé d’un homme qui a annoncé à sa pauvre épouse qu’il partait se confiner avec… une autre femme. Horreur ! Mais, le plus souvent, c’est la famille proche qui a été la valeur refuge évidente, irremplaçable.

A contrario, tant de personnes âgées ou bien célibataires, et aussi de mères seules, ont subi de plein fouet l’isolement, quand d’autres bénéficiaient de la solidarité de leurs proches ! Nous devrions reconnaitre qu’il est vain de prétendre externaliser loin de la famille l’amour, la tendresse, la solidarité.

A tous les étages de la société, cette crise donne l’opportunité de distinguer l’essentiel de l’accessoire. C’est le moment de faire la liste de ce qui tient vraiment à cœur, de réviser les priorités, d’opérer des mutations.

Je formule ce souhait pour le gouvernement. Avant la Covid, il serrait le budget de l’hôpital, tout en imaginant financer par l’argent de la sécurité sociale une procréation artificielle donnant droit à des femmes seules d’enfanter des enfants sans père, à demi-déracinés. Malgré la pression de quelques-unes, est-il vraiment décent que l’on puisse détourner les moyens de l’assurance maladie pour céder à une revendication individuelle sans rapport avec une quelconque maladie, et qui ignore les repères dont le confinement a rappelé la valeur ?

Une réponse de bon sens s’impose : la révision de la loi bioéthique aussi doit être… révisée.

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